TECHNIQUE ET ART PICTURAL

l
  YATRIDES dérange ceux qui s'installent dans le conformisme d'un néo-figuratif académique  les débordements de fantasmes, de représentations oniriques, les espaces vides, les perspectives inversées, les  hommes mannequins, les filles aux poses lubriques, les médiocres tentatives d'effets insolites, tout ce stock poussiéreux d'invendus des décennies passées, inspirées par un freudisme a la mode surréaliste, mais  déclassés par la vague de l'abstrait. Voila la piètre relève que les fabricants de culture, les maîtres des médias commencent a offrir à un public lassé par les extravagances des derniers abstraits et la stérilité de leurs recherches.
L'avènement de l'œuvre de YATRIDES inclassable, indépassable, perturbe le petit monde des commentateurs habitues a débiter les éternelles platitudes sur I 'invention de X, la tendre Légèreté de Y ou la  vigueur de Z. Toutes les manoeuvres mesquines, les omissions, les silences n'empêchent pas YATRIDES de, conquérir sans cesse un nouveau public, des amis et des appuis toujours plus nombreux, sans devoir pour cela passer par les canaux éprouvés du show-biz, des banques, de la campagne promotionnelle, du contrat draconien.

YATRIDES a ouvert un espace problématique et laisse e chacun La possibilisté de questionner et de répondre a sa façon. Mais, se contente-t-il de proposer des images poétiques, des interrogations restant sans réponse '?  Non, car a ce stade ultime, il réagit encore en artiste. il insuffle la vie a sa création. S'il crée l'angoisse, il sait  aussi l'apaiser et pour cela, il n'use que d'une seule recette, la beauté.  Au milieu du bourbier contemporain alimente par un show-biz friand de monstres agressifs, de créatures hideuses, dégénérées, YATRIDES ose peindre des hommes debout. Ils sont beaux, virils, passionnes, sans être primitifs ou préfabriqués il défie une contre-culture édifiée par les acquis précaires d'une avant-garde  depuis longtemps déconsidérée, une sous-culture productrice de miasmes destines a conforter une opinion prévenue dans ses tristes habitudes : voyeurisme, exhibitionnisme, infantilisme, maniérisme.

  Que la beauté puisse a nouveau aborder l'épreuve de la réalité et résister victorieusement aux sarcasmes et aux dénigrements, quelle formidable raison d'espérer !

Avec l'œuvre de YATRIDES, nous assistons a la reconquête des territoires perdus par la peinture depuis un siècle, non pas pour y lever les moissons d'antan, la restauration d'un art classique, mais pour récolter les fruits d'un effort sans précédent, d'un effort méticuleux, opiniâtre de mise au point technique, de critique impitoyable a l'égard de soi-même et des autres, d'admiration exigeante envers les grands maîtres, au service exclusif d'un projet insensé.

Jean-Paul SARTRE avait Critique en son temps le positivisme qui voulait traiter l'homme comme un être du monde en négligeant ce fait essentiel que l'homme est aussi un être qui se représente le monde et lui-même dans le monde.

A ma connaissance, YATRIDES est le premier peintre qui relève ce défît sans recourir aux artifices miteux dont ont abuse les surréalistes pour obtenir des effets de distanciation : onirisme, mise en abyme, rideaux.

  C'est dans cette perspective que je vois son activité future. YATRIDES n'a pas fini de nous étonner et de nous_ émouvoir.

Sacha BOURMEYSTER,
Professeur a l'Université de Grenoble III
Auteur de "Georges Yatridés, le peintre du réel invisible"
"La convergence transfinie dans l'avenir du passe et le  présent du futur"
"L 'anti-Picasso".

Copyright © 2011. Tous droits réservés.
Cliquez ici pour vous abonner ? ce flux RSS